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ALAIN – Manuscrit autographe signé

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CHARTIER Emile dit ALAIN (1868 – 1951), philosophe français

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Manuscrit autographe signé et titré « Propos d’un Normand ». S.l.n.d. (1906 – 1914) ; 2 pages in-8°.
Manuscrit d’un article destiné à être publié dans la Dépêche de Rouen sous la série « Propos d’un Normand ». Alain défend la notion de paix au travers d’une politique militaire de défense face au désir de revanche contre l’Allemagne d’une partie des français: « Quelqu’un qui revient d’Allemagne et que l’on interrogeait sur l’état d’esprit des Allemands, tel qu’il se montre dans les conversations, répondait : C’est assez inquiétant ; les Allemands nous considèrent comme un peuple essentiellement guerrier, qui honore le métier militaire plus que tous les autres, et qui admet très bien que le pouvoir militaire se mette au dessus des lois. Ils croient que personne chez nous ne peut accepter les défaites de 1870, et que nous aurions déjà fait la guerre, si la forte population de l’Allemagne et son organisation militaire ne refroidissaient pas nos espérances. D’ailleurs les preuves ne leur manquent pas ; ils n’ont qu’à citer quelques articles et quelques discours, qu’ils trouvent en France. Les Français, disent-ils, ne sont sensibles qu’à un genre s’éloquence, qui est la colère patriotique. Cela montre bien ce qu’ils feraient, s’ils pouvaient. C’est pourquoi, ajoutent-ils, nous paierons ce qu’il faudra. Nous ne voulons pas revoir les jours d’Iéna et Austerlitz ». Chez nous on entend des discours du même genre, où l’on commence toujours par dire bien haut que la France est, vraiment attachée à la paix. Et l’on nous représente une Allemagne toujours frémissante, toujours prête à lancer ses escadrons. Et les preuves ne manquent pas non plus ; car, des deux côtés de la frontière, il y a des hommes qui aiment la guerre, qui la désirent, qui l’attendent impatiemment. Les peuples les écoutent, et ne savent comment se faire entendre à leur tour. Le programme du parti radical est déjà par lui-même une déclaration bien claire. Revenir le plus vite possible au service de deux ans, dès que, par les camps d’instruction, l’encadrement des réserves sera assuré, c’est marquer d’une façon tout à fait saisissante, la volonté de suivre désormais une politique strictement défensive. Car, si nous avions le projet insensé d’être le « soldat de l’Angleterre » contre l’Allemagne, alors, oui il nous faut une armée de caserne, rapidement mobilisable, et qui soit comme une continuelle menace. Mais si, au contraire, nous ne voulons point une armée distincte de la Nation armée, cela fait voir bien clairement que nous ne concevons qu’une guerre possible, celle qui repousse une attaque décidée. Si donc les électeurs en masse soutiennent les chefs radicaux, cela équivaudra à la déclaration de Paix la plus claire et la plus solennelle ; ce sera comme un discours de peuple à peuple ; fait nouveau dans l’histoire… »

Les Propos d’un Normand rassemblent des articles quotidiens publiés dans La Dépêche de Rouen entre 1906 et 1914. Ce sont des propos journalistiques sous couvert du jugement philosophique qui ont la particularité d’être brefs et persuasifs.

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