PISSARRO Camille – Lettre autographe signée

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Camille PISSARRO (1830 – 1903), peintre français

PISSARRO Camille - Lettre autographe signée

Lettre autographe signée à sa femme Julie (?). Paris mardi 27 octobre 1891 ; 2 pages in-8°.
Belle lettre du maître de l’impressionnisme qui s’inquiète en bon père de famille de la santé de ses enfants, part à la recherche de marchands et essaye, avec la complicité de son ami Monet, d’attirer dans ses filets le grand marchand Paul Durand-Ruel : « Je t’envoie la lettre de Lucien, Georges va mieux…..Mais il faut des précautions de Bellio (le médecin, collectionneur et amis des impressionnistes Georges de Bellio) m’a dit-que ce n’était-pas grave que c’était une maladie qui court en ce moment et ceux qui ont l’estomac sensible sont naturellement les premiers atteints, mais ce n’est qu’une indisposition qu’il faut soigner et surtout avoir soin de suivre un régime de nourriture. Tu verras dans la lettre de Lucien que Georges commence à manger ma crainte est qu’il ne sache pas être prudent sur le choix et la quantité. Je vais aller voir de Bellio pour voir si il est nécessaire de continuer teinture mère il m’a prié de le mettre au courant…..J’ai aussi à envoyer à Lucien l’adresse d’un médecin Homéopathe dans son quartier, en cas de récidive si je me trouve à Eragny, il pourrait le faire venir car cela serait 2 fois plus long étant à Eragny. Tu vois que je ne cesse de penser à faire tout le possible pour que les choses s’arrangent. Je suis allé voir le Dr Parenteau hier. Il m’a trouvé très bien, seulement il me recommande de prendre des précautions quand il fera froid ou très venteux si je passe bien l’hiver j’aurai chance que ce soit définitivement fini, il faut un certain temps pour que le recollement soit bien adhérent. Voilà qui est un peu rassurant…..Je suis en ce moment en train de préparer mon terrain pour cet hiver afin d’éviter autant que possible d’être obligé de quitter Eragny. Je me mets en ce moment en relation avec un jeune marchand très actif qui s’occupe spécialement des impressionnistes, je lui enverrai des petites toiles. Je vais aller en voir un autre qui a déjà acheté de mes tableaux en vente publique, Partier ne suffit pas il me faut 3 ou 4 marchands…..Durand (Paul Durand-Ruel) a été chez Monet et a vu mon marché à la détrempe et m’a demandé si je n’en avais pas ; je lui ai dit que j’avais beaucoup de choses à Eragny……Monet a du le pousser…..Il faut toujours qu’on le pousse. J’irai tirer les épreuves de titi (son fils Félix) demain, je n’aurai pas un moment aujourd’hui, il faut que je trouve mon nouveau marchand. Pourrai-je partir jeudi, je ne sais, en tout cas je ferai mon possible. à bientôt donc. Je vous embrasse tous… »