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SAND George – Lettre autographe signée

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George SAND (1804 – 1876), écrivain français

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Lettre autographe signée à l’attention du ministère de l’intérieur. 4 avril (1852) ; 4 pages in-8°.
Très belle lettre de protestation contre les persécutions politiques après le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851.
L’écrivain commence par remercier son correspondant des efforts qu’il a faits pour lui rendre service. Mais, pense-t-elle : « peu s’en est fallu qu’ils ne fussent inutiles, car l’administration provinciale est fort peu soumise aux décisions du pouvoir ministériel. Il devient donc urgent que vous mettiez ce fait sous les yeux de monsieur de Persigny (Victor Fialin de Persigny (1808-1872) est un des fidèles de Louis-Napoléon, il joue un rôle de premier plan lors du coup d’Etat du 2 décembre et reçoit tous les honneurs. En 1852, il épouse la petite-fille du maréchal Ney) (…) ». Et puis se pose aussi le problème des condamnations. Des ordres avaient pourtant été donnés pour qu’il y ait un sursis entre la prononciation de la sentence et l’exécution : « La commission de recours en grâce étant saisie des demandes et réclamations en vue desquelles elle a été instituée, il est impossible qu’elle soit un leurre et que les condamnés qui l’invoquent n’aient pas le tems de connaître sa décision (…) ». Toujours est-il que l’administration de l’Indre n’a pas tenu compte de ce sursis : « Elle a fait déjà huit ou dix personnes pour l’exil (…) ». George Sand se plaint de la surveillance de son courrier : lettres gardées au bureau de poste de la Châtre dont celle que son correspondant lui avait envoyée le 1er avril, et ouvertes : « Je ne me suis jamais plaint de faits semblables qui ont été continuels depuis le 2 décembre (…) Il ne s’agissait que de mes intérêts particuliers. Mais ici ce retard volontaire, ordonné sans doute par l’administration locale, me semble une grave infraction ; j’aurais cru qu’on respecterait au moins le cachet du ministère, et que votre correspondance avec moi ne serait pas l’objet d’une surveillance de police (…) ». Cela s’explique peut-être par le fait que la romancière ait empêché de justesse l’exil d’Aucante, elle avait obtenu qu’il soit interné chez elle et sous sa responsabilité. Il devint son secrétaire et homme d’affaires. « J’ai donné à M. de Persigny », continue-t-elle, « ma parole d’honneur qu’on ne s’occupait pas de politique d’opposition dans ma maison – ni nulle part autour de moi. Je suis pourtant l’objet d’une surveillance blessante et fatigante. Je le prie donc instamment s’il ne l’a déjà fait, de donner avis à la préfecture pour qu’on respecte au moins ma correspondance avec lui (…) ». En conclusion, George Sand prie son correspondant de bien vouloir transmettre tous ses remerciements à M. de Persigny, pour toute la bienveillance qu’il lui témoigne.
Lettre qui figure à la correspondance, Edition Garnier, tome XI, sous le n°5373 et non retrouvée, attestée par l’agenda du même jour : « Madame a écrit au Ministère de l’Intérieur pour se plaindre de la négligence de la poste de la Châtre ».

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