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ZOLA Emile – Manuscrit autographe

2,500.00 

Emile ZOLA (1840 – 1902), écrivain français

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Manuscrit autographe intitulé « Chronique Un mariage russe ». S.l.n.d. (6 février 1865) ; 5 pages petit in-4°.
Manuscrit biffé, raturé, avec nombreuses corrections, paru dans le Petit Journal du 6 février 1865. Le jeune Emile Zola dont le tout premier roman « Contes à Ninon » a reçu un bel accueil, gagne sa vie en publiant des articles et des nouvelles dans le Petit Journal, la Vie parisienne, le Salut public de Lyon entre autres. Dans cette chronique il partage avec ses lectrices sa participation à un mariage orthodoxe en plein cœur de Paris :
« J’ai eu, ces jours derniers, la bonne fortune d’assister à un mariage selon le rite de l’Eglise catholique orthodoxe d’Orient, et je veux conter cette cérémonie touchante aux lectrices du Petit Journal. En Russie, le mariage est un acte purement religieux, tout y est symbole, et chaque détail se rattache à quelque tradition des anciens âges. Je dois avouer – mon amour-propre dût-il en souffrir – que je ne reviens ni de Moscou ni de Saint-Pétersbourg, mais seulement de la rue de la Croix-du-Roule (…) Là, entre le parc Monceau et l’Arc de Triomphe de l’Etoile, se dresse une église russe connue de tout Paris, pour ses belles murailles blanches et ses coupoles dorées (…) Voici ce que mes yeux ont vu, ce que mes oreilles ont entendu. Je ne vous donne pas la cérémonie que je vais décrire comme parfaitement orthodoxe ; je crois même qu’elle a été abrégée et qu’en Russie le cérémonial est plus compliqué. Le jeune marié étant catholique romain, j’ai simplement assisté à la célébration d’un mariage dissident. On ne doit tromper personne. Ils se sont avancés, lui tout en noir, elle tout en blanc, jusqu’à une sorte de prie-Dieu placé au milieu de la nef, sur un large tapis (…) Tous deux se sont tenus debout ; personne ne doit s’asseoir dans les églises grecques. L’officiant a mis alors un cierge allumé dans la main gauche de chacun d’eux. Ces cierges, paraît-il figuraient la venue de l’Epoux céleste. Le marié et la mariée ont chacun leur anneau que le prêtre leur met dès le début et qu’ils échangent bientôt après (…) Le pope a pris ensuite deux couronnes de métal et les a posées sur la tête des époux, il leur rappelle, par ce symbole, la couronne céleste qu’ils doivent conquérir. Un épisode charmant est celui de la coupe (…) ils ont bu tour à tour, posant les lèvres au même bord, partageant le même breuvage, comme ils partageront la même existence. Puis, le prêtre a uni leurs mains droites (…) Enfin, devant Dieu et devant les hommes, le jeune mari et la jeune femme se sont donné le baiser nuptial (…) Que pensent mes lectrices de ce mariage où l’on s’embrasse ? La couronne et la coupe ne les tentent-elles pas ? Hélas ! je doute que tous ces symboles donnent plus d’amour et plus de fidélité aux jeunes cœurs. Notre messe nuptiale a plus de simplicité. Que l’on se marie selon le rite romain ou selon le rite grec, la meilleure bénédiction est celle que le Ciel accorde à deux âmes qu’il a créées l’une pour l’autre »

Manuscrit figurant dans Les Œuvres complètes, Cercle du livre précieux 1969, tome 9, Contes et Nouvelles dans Paris, pages 241 à 243

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