Dessin original Gaston Lagaffe

 

Le personnage de Gaston Lagaffe est très emblématique dans l’univers de Bande dessinée. Conçu par André Franquin (1924-1997), c’est un personnage que l’on peut décrire comme étant incroyablement maladroit. Travaillant à une époque où les bandes dessinées étaient particulièrement destinées aux enfants, André se distingue par des dessins de grande qualité, notamment au niveau du rendu des mouvements, de l’expression des personnages ou encore ses décors très riches. Ce qui fait que ses travaux sont très accessibles au jeune public.

 

Gaston Lagaffe, 60 ans d’invention loufoques

Flemmard devant l’éternel et extrêmement maladroit, Gaston Lagaffe, qui a aujourd’hui plus de 60 ans, est surtout un bricoleur à l’imagination débordante. La particularité de cette bande dessinée, c’est l’ensemble des inventions qui ont été réalisées par le dessinateur et qui sont à caractère loufoque. Une machine à faire des nœuds de cravate, un calendrier système de vidange automatique, un calcul classeur, un toit d’entreprise transformé en mini-golf…, autant d’inventions de Gaston Lagaffe dont le but ultime est de faciliter largement sa vie quotidienne.

Cependant, une autre motivation anime cet homme à tout faire des Éditions Dupuis. En effet, il souhaiterait se délester des taches barbantes qui nuisent à son plaisir de repos. Ceci au plus grand désespoir de ses collègues Fantasio  et Léon Prunelle. Gaston Lagaffe, le garçon à l’éternel pull à col roulé vert réussit à chaque fois à trouver une parade pour ne pas faire les taches qu’on lui attribue.

 

À y regarder de plus près, Gaston est un véritable génie du Farniente. En effet, il utilise son temps libre pour trouver de nouvelles inventions qui vont venir pimenter ses loisirs extra-professionnels. Il s’est alors fabriqué des gants de boxe géants avec des jokaris invisibles ou encore des espadrilles anti-verglas.

Cependant, il faut dire que son invention la plus emblématique demeure le Gaffophone, une énorme harpe proposant un bruit assourdissant. Ce qui renvoie à la fois à une logique et à une inventivité douteuse qui contribuent à renforcer la sympathie que dégage cet antihéros créé en 1957.

Dessin original Gaston Lagaffe

Un héros sans emploi

C’est le 28 février 1957 que, dans le numéro 985 du journal de Spirou que nous avons découvert ce personnage pour le moins intriguant. Il est apparu pour la première fois sous forme de traces de pas. À l’origine, il était en noir et blanc. Selon l’encadré, il s’appelait Gaston et était en costume avec un nœud papillon. Dans le numéro 986, il est cette fois-ci en costume, mais sans nœud papillon. Durant cette apparition, aucun commentaire ne l’accompagne et personne ne sait qui il est. C’est au numéro 987 que l’on voit enfin Gaston sous le costume que lui connait tous en ce moment : un pull à col roulé vert. Dans le numéro suivant, on montre Spirou qui pointe du doigt Gaston avec un point d’interrogation sur la tête. Un dessin original gaston lagaffe qui laisse penser que le personnage deviendrait par la suite ce qu’il est en ce moment.

 

Pour les lecteurs, l’intrigue est bien là et ils se demandent tous ce que vient faire ce personnage inconnu et qui a l’air drôle dans la bande dessinée. La semaine qui a suivi illustra un dialogue mythique entre Spirou et Gaston lorsqu’il est agi de lui attribuer certaines tâches. Manque de chance, il accumule les gaffes et renverse l’encre de Chine sur les dossiers importants. Ne sachant pas vraiment quoi faire de lui, on finit par le poser au niveau de l’entretien de l’extincteur.

À partir de ce moment, sur les numéros qui vont suivre, Gaston est toujours représenté à travers des illustrations où il réalise un château de cartes géant, du bilboquet, etc. Il a même essayé de passer sa tête devant un appareil photo juste avant que le petit oiseau ne sorte. Résultat : on retrouve la tête de Gaston à la place du fureteur, très apprécié à l’époque. La rédaction s’est alors chargée de répondre par courrier à tous les lecteurs afin de leur expliquer la situation. Eh oui ! Gaston fait une gaffe par jour.

Dès lors, le dessinateur consacrait une bourde par numéro à Gaston sous la forme d’une illustration, puis sous la forme d’une demi-planche de BD. D’ailleurs, à l’époque a pu sortir un dessin original gaston lagaffe sous forme de recueil des premières demi-planches de Gaston. Aujourd’hui, elles sont très difficiles à trouver et s’arrachent  littéralement au niveau des enchères.

 

À l’univers riche

 

On peut dire qu’André Franquin exploitait un univers riche dans ses différentes illustrations. Le personnage de Gaston Lagaffe n’est qu’un personnage révélateur d’une personnalité cachée dans chacun d’entre nous. Le jour où Gaston avait été viré pour avoir introduit une vache dans le bureau du directeur. S’en est suivi une grande campagne de réintégration avec des lecteurs qui ne cessaient d’écrire à la rédaction pour demander sa réintégration.  Après avoir promis de ne plus avoir de courrier en retard, on se rendait compte qu’à chaque pile, il en avait encore et encore. Bref, l’univers de Gaston est extrêmement riche et l’auteur a sans doute voulu partager tout cela avec vous.

Nous ne pouvons pas évoquer cela sans parler de Mlle Joanne, la jeune femme dont est amoureux Gaston. Cependant, il vaut dire que leur relation a toujours été plus ou moins discrète ou encore Jules de chez Smith en face, un nom choisi exprès pour désigner le collègue qui travaille dans le bureau d’en face. Sans oublier les nombreuses inventions tout à fait débiles, mais qui « contribuent » à son confort. On a par exemple le Mastigaston, un gadget pour mâcher tranquillement sans mordre ses joues, la piste de ski à escaliers, le table de camping à pieds automatiques, le fauteuil-main ou encore une mouette rieuse. Et que dire de sa voiture qui, à elle seule, est une pièce entière. Il s’agit d’une Fiat 509 de 1925 que Franquin a d’ailleurs très peu utilisé dans ses illustrations.

 

 

Des aventures dans une aventure

Au fil des numéros, les lecteurs de cette BD ont pu voir le style graphique de Franquin évoluer rapidement. Dès lors, il devient plus chevelu et ceci lui donne une tête plus sympa, mais devient encore plus mou et nonchalant. Pour sa tenue de prédilection, elle ne change pas et les lecteurs pouvaient encore l’observer avec son pull vert à col roulé. Au début, Gaston portait des espadrilles orange. Mais au fil des numéros, ces espadrilles se sont mutées en bleu et on l’adoptera définitivement pour son personnage. L’idée était d’apporter un peu de contraste par rapport à l’éternel pull vert.

Les expressions de Gaston deviendront, au fil du temps, des expressions cultes (m’enfin, boah, etc.). À noter que le dessin original Gaston Lagaffe comporte quelques privates jokes. En effet, plus on regarde les cases, plus on se trouve de nouveaux gags en arrière-plan. Par exemple, dans le numéro 1703, Spirou avait signé une nouvelle trouvaille tout en la faisant vivre en bas de la page. En tant que personnage, Gaston était sans doute très intégré au journal de Spirou, car il faisait partie de la rédaction fictive dudit journal.

À noter qu’il y a souvent aussi eu des textes au sujet des déboires du personnage, pas seulement au niveau des planches de BD.

 

Il faut, par ailleurs, dire que tout au long de l’aventure en BD, il y eut des séquences consacrées à la publicité. Il y’a même eu des albums entièrement publicitaires, dont le plus célèbre reste l’album du bus, et qui comportaient des planches inédites. Gaston a aussi participé à plusieurs campagnes publicitaires, notamment pour UNICEF, Amnesty, Greenpeace ou encore enfance en détresse. Il faut aussi dire que cela a duré un bon bout de temps, notamment du numéro 2169 au numéro 2177. Pour cela, l’anti slogan utilisé était : « tu as payé pour rouler, maintenant paye pour t’arrêter ».

 

Une véritable source d’inspiration

Le dessin original Gaston Lagaffe était une véritable source d’inspiration, notamment dans les années 2010, soit environ 60 ans après la création du personnage. D’ailleurs, celui-ci fait même partie du patrimoine franco-belge, une sorte de légende. Dès lors, en Belgique, lorsqu’une personne est particulièrement douée pour les gaffes, il n’est pas rare qu’on l’appelle Gaston, en hommage au personnage de bande dessinée. Ce qui laisse croire que Franquin a réussi à instaurer le personnage de Gaston dans l’esprit des jeunes et des vieux. Un film d’animation avait d’ailleurs vu le jour en 2009, mais la boite française en charge de son intégration a tenu à respecter l’œuvre de l’auteur. Pour cela, elle est même allée jusqu’à reprendre les planches originales pour les animer et ainsi respecter le travail de génie qui avait été mené jusque-là.  Un boulot pas du facile et qui, pour ceux qui le connaissent vraiment l’univers de la bande dessinée, savent que personne n’a encore travaillé dessus. Quoi qu’il en soit, le résultat est à la hauteur des attentes et on apprécie tous les traits que vous avez pu obtenir. Le dessinateur aurait sans doute été fier de ce travail.