Albert MARQUET – Aquarelle originale, Paysage marin

Albert MARQUET (1875 – 1947), peintre français, amoureux de la mer, la lumière vibrante et les cadrages aériens de cet amoureux du paysage sont éblouissants

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Description

Paysage marin

Aquarelle sur papier, , timbre de la signature en bas à droite (Lugt 1796g).
Dimensions : 18,7 x 26,8 cm
Provenance : Collection privée
Paysage d’une douce quiétude où l’artiste nous appelle au voyage en nous invitant à embarquer à bord de ce bateau glissant le long d’une côte méridional.

Une composition construite autour du silence.
La composition repose sur trois plans : l’eau au premier plan, l’embarcation sombre dans la moitié droite et le relief lointain, traité en lavis transparents. Le ciel occupe une grande partie de la feuille, donnant au paysage une impression d’espace et de silence.
Le bateau constitue le principal point d’ancrage visuel. Sa coque allongée, presque noire, contraste avec les valeurs claires environnantes. Deux mâts et quelques diagonales suffisent à suggérer son équipement, tandis qu’une petite cheminée semble indiquer une embarcation à vapeur. Les silhouettes basses à gauche équilibrent cette masse sans concurrencer sa présence. Aucun personnage nettement identifiable ne vient détourner l’attention du rapport entre le navire et l’étendue maritime. Le relief est construit par superposition de lavis, dont les différences de densité suggèrent les versants et la profondeur. L’eau, au contraire, demeure largement claire : de courts traits espacés évoquent des rides, des reflets ou de petites embarcations.
Le contexte historique
Albert Marquet, proche de Matisse, participe au Salon d’Automne de 1905 associé à l’émergence du fauvisme. Son œuvre évolue cependant vers une couleur plus retenue et une simplification des formes. Ses séjours normands, notamment au Havre avec Raoul Dufy en 1906, nourrissent durablement son intérêt pour les ports, les bateaux et l’eau. Amoureux de la mer et des ports en particulier, il voyage de Marseille à Alger en passant par Venise, la lumière vibrante et les cadrages aériens de cet amoureux du paysage sont éblouissants.

Pour aller plus loin…

D’où Marquet peignait-il ses marines ?
Pas nécessairement : il travaillait souvent depuis une fenêtre donnant sur le port. Une chambre d’hôtel devenait ainsi un poste d’observation, lui permettant d’organiser les quais, les embarcations et l’eau dans un même cadre.
Pourquoi représenter un bateau à vapeur plutôt qu’un voilier pittoresque ?
Marquet s’intéressait aux bateaux marchands et à la vie des ports en général. Le Centre Pompidou conserve notamment son Paysage au remorqueur, daté de 1920, également publié sous le titre Remorqueur dans le port d’Alger. La cheminée visible dans cette aquarelle suggère une propulsion à vapeur.
De quand datent les voyages méditerranéens de Marquet ?
Marquet séjourne à Saint-Tropez en 1905 et visite Naples en 1907. En 1909, il retourne à Naples, se rend en Sicile, puis séjourne notamment à Marseille et à Tanger.
Marquet se considérait-il comme un peintre orientaliste ?
Lors d’un séjour à Tanger en 1911, il écrit à Matisse : « Je ne serai jamais orientaliste. » Cette formule éclaire son indépendance : les rivages d’Afrique du Nord lui offrent des sujets d’observation et de peinture, sans qu’il revendique l’étiquette orientaliste.
Quelle est l’origine du timbre de la signature de Marquet référencé sous le numéro d’inventaire : Lugt 1796 g ?
À la mort d’Albert Marquet en 1947, de très nombreux dessins, aquarelles et travaux d’atelier sont restés non signés. Sa veuve, Marcelle Marquet, a fait fabriquer cette griffe en caoutchouc reproduisant fidèlement la signature manuscrite du peintre afin d’en garantir la provenance et l’authenticité lors de la succession et de l’inventaire des œuvres