Henri Goetz nait le 29 septembre 1909 à New York. D’origine française, sa mère lui donne une éducation stricte. Il part faire des études d’ingénieur électricien à Boston. C’est à cette époque qu’il s’intéresse à la peinture. Il suit des cours de peinture puis s’en va tenter sa chance à Paris en 1930 pour se dédier entièrement à l’art. Sa peinture est à la fois cubiste et expressionniste. Son ami Victor Bauer lui fait découvrir les œuvres des grands maîtres de l’époque comme Picasso, Braque, Matisse et Kandinsky ainsi que le freudisme. Il épouse Christine Boumeester, se lie d’amitié avec Hartung. En 1936 il se lance dans l’abstraction, mais n’épouse pas pour autant le style de l’époque, fait de formes organisées, lui explore son monde intérieur à l’instar des surréalistes qu’il commence à fréquenter sans adhérer au mouvement. Toutefois, il se distingue de la démarche surréaliste basée sur la psychologie, pour Goetz, tout repose sur l’activité imaginative et inventive. A l’arrivée de la guerre, Goetz, de nationalité américaine, n’est pas mobilisable. Il s’installe en Dordogne puis revient à Paris. Il fonde avec Christian Dotremont et Raoul Ubac la première revue surréaliste sous l’occupation, « La main à la plume ». Il entre en résistance en éditant des faux papiers. Il est dénoncé plusieurs fois et part se réfugier à Nice puis à Cannes jusqu’à la libération. Durant cette période, il se lie d’amitié avec Francis Picabia. A la fin de la guerre il retourne à Paris. Son style pictural évolue, il se détache du surréalisme pour épouser des formes épurées, aux lignes claires, les couleurs sont plus vives. Dans les années 50, son style se rapproche de Soulage, Hartung et Schneider. De 1950 à 1960, une géométrisation de plus en plus poussée s’affirme sur des espaces colorés. Il explore la gravure. Il évolue par la suite vers le lyrisme fait de couleurs vives jusqu’aux années 70. Après la mort de sa femme en 1971, Goetz se réfugie dans son atelier. Sa peinture unit le monde extérieur et intérieur dans une dimension plus cosmique. Hospitalisé à Nice en 1989, il décide d’en finir avec la vie en suicidant le 12 août.