Description
Faune
Gouache sur papier signée au crayon à papier en bas à gauche et cachet d’atelier en bas à droite.
Format : 24,5 x 15,7 cm (à vue)
Dans cette gouache, André Derain représente un faune saisi dans une pose vive et instable. Le torse se tourne, un bras se lève, l’autre main prend appui sur la cuisse, tandis que les jambes semblent entraîner la figure dans un pas de danse. Deux cornes recourbées dominent la tête et une longue queue traverse le bas de la composition. Ces attributs animaux, associés à un corps largement humain, rendent immédiatement reconnaissable cette créature de la mythologie antique.
La figure occupe presque toute la hauteur de la feuille. Derain la détache d’un fond clair, sans paysage ni décor qui permettraient de situer la scène. L’attention se porte ainsi sur l’enchaînement des membres et sur la grande courbe formée par la queue. Le personnage paraît à la fois robuste, avec son torse et ses cuisses puissants, et léger, comme suspendu au milieu d’un mouvement. Son visage, peu défini, laisse au corps le soin d’exprimer l’énergie de la scène.
La palette est resserrée autour des ocres, des bruns et des tons de terre. La gouache permet à Derain de modeler les volumes par des passages tantôt transparents, tantôt plus soutenus. Quelques traits sombres soulignent un bras, une jambe ou le contour des cornes, sans enfermer la silhouette dans un dessin rigide. Cette économie de moyens donne à la petite feuille une présence remarquable. Selon la description de la pièce, elle porte une signature au crayon en bas à gauche et un cachet d’atelier en bas à droite.
Derain est l’un des peintres associés à la naissance du fauvisme au début du XXᵉ siècle. Son parcours ne se limite pourtant pas aux couleurs éclatantes de cette période. Après la Première Guerre mondiale, il s’intéresse davantage aux sources classiques. Le faune, être situé entre humanité et animalité, s’inscrit dans cet attrait pour les figures de l’Antiquité.
Quatre questions pour mieux appréhender ce Faune
Pourquoi le faune ne tient-il ni flûte ni autre attribut ?
Derain ne lui donne aucun objet pour raconter une action précise. Ce sont les cornes, la queue et surtout la posture qui construisent le personnage. Cette absence laisse ouverte la question de ce qu’il fait : danse-t-il, s’arrête-t-il ou s’apprête-t-il à bondir ?
Que peut-on observer dans le traitement de la tête ?
Le visage est moins détaillé que les cornes et le corps. Derain semble privilégier la silhouette du faune plutôt que son expression. Vu de loin, on perçoit d’abord ses grandes lignes courbes ; en s’approchant, le visage apparaît presque comme une forme en cours d’invention.
Derain a-t-il représenté d’autres faunes ?
Oui, Derain est revenu sur le thème du faune à plusieurs reprises.










