Description
Femme, 25 novembre 1950
Dessin à l’encre, aquarelle et pastel sur papier pelure alvéolé daté (25.11.50) et signé en bas à droite représentant une femme au premier plan.
Dimensions : 26,5 x 20 cm
Certificat d’authenticité du Comité Chaissac répertorié sous la référence NRC-26-04 et daté du 22/06/2026
À cette époque, Gaston Chaissac vit à Sainte-Florence, en Vendée, où son épouse Camille est institutrice. Le couple s’y est installé en 1948. Bien qu’éloigné de Paris, l’artiste entretient des échanges avec des écrivains et des peintres, notamment Jean Paulhan et Jean Dubuffet. Il a déjà exposé à Paris en 1947. Souvent rapproché à l’art brut, Chaissac occupe une place plus singulière : autodidacte, il développe son propre langage plastique sans être coupé des débats artistiques de son temps. Le dessin présente une figure humaine qui devient le point de départ d’un jeu de lignes, de formes et de matières offrant ainsi un aperçu précis de ses recherches au début des années 1950.
Au premier regard, un visage féminin aux grands yeux apparaît dans la partie supérieure de la feuille. Puis le dessin se complique : les traits se croisent, délimitent des formes, se prolongent en courbes et laissent entrevoir, plus bas, un second visage incliné. Cette figure semble tour à tour émerger d’un vêtement, d’un bras ou d’un ensemble de signes. Chaissac invite ainsi le regard à circuler dans l’image plutôt qu’à s’arrêter sur un portrait aux contours définitifs.
La composition associe des lignes d’encre sombres à des passages de gouache et de pastel bleu, de rose et gris. Certains tracés sont appuyés ; d’autres paraissent repris ou laissés ouverts. Les motifs hachurés et les formes géométriques entourent les visages sans constituer un décor clairement identifiable. Cette liberté donne au dessin une présence à la fois expressive et énigmatique : on reconnaît une femme, mais l’image continue de changer à mesure qu’on l’observe.
« Femme » de Gaston Chaissac : un dessin aux frontières de l’art brut :
En quoi Femme peut-elle être rapprochée de l’art brut ?
Le dessin s’écarte d’un portrait académique : les proportions sont libres, les contours se croisent et plusieurs formes semblent naître les unes des autres. Cette liberté de construction rejoint l’intérêt porté, à l’époque, aux expressions artistiques affranchies des règles traditionnelles. Chaissac a toutefois développé une démarche personnelle qui ne se laisse pas résumer à l’étiquette « art brut ».
Pourquoi Chaissac ne cherche-t-il pas à représenter la femme de façon réaliste ?
Le visage aux grands yeux sert de point d’ancrage, puis les lignes entraînent le regard vers d’autres figures possibles. Le dessin explore ce qu’une forme peut devenir, plutôt que de fixer la ressemblance d’un modèle. Cette invention permanente est une caractéristique majeure de son travail.
Quel rôle joue le papier dans la lecture de l’œuvre ?
La texture très marquée de la feuille rend le support impossible à ignorer. Associée aux passages d’encre, d’aquarelle et de pastel, elle donne à l’image un caractère matériel et immédiat qui fait écho aux recherches de Chaissac sur des supports variés.
Chaissac était-il un artiste isolé, comme on l’imagine parfois pour l’art brut ?
Il vivait loin des centres artistiques parisiens, mais entretenait une correspondance avec des écrivains et des artistes, notamment Jean Paulhan et Jean Dubuffet. Son œuvre associe donc une grande indépendance de forme à un véritable dialogue avec les idées artistiques de son temps.






